Insensé

Marie Grindel : « Créer une couleur, c’est comme composer un parfum »

15 janvier 2026

Cofondatrice et directrice artistique de Mercadier, Marie Grindel a fait du béton ciré et de la chaux des matières tendances et accessibles. Entre intuition et tâtonnements, cette créatrice de teintes raconte comment elle arbître ses palettes, pourquoi Le Corbusier a marqué son regard sur le vivre ensemble, et comment le panettone de son enfance italienne la ramène à ses racines sensorielles.

 

C’est quoi pour vous un détail qui change tout ?

C’est le peu.

Un créateur ou un designer qui a changé votre regard sur la décoration ?

Il y a quand même un architecte qui m’a beaucoup touchée quand j’étais plus jeune, qui est Le Corbusier. Mais au-delà de sa manière de parler d’architecture, je crois qu’il avait une façon de voir le vivre ensemble, qui m’avait touchée. Ã l’Époque sans que je comprenne vraiment pourquoi. Et aujourd’hui, en revenant sur La Cité radieuse, je me dis que c’était quand même une utopie de cette manière de vivre ensemble, mais qui me parle beaucoup aujourd’hui.

Tâtonnez-vous beaucoup pour lancer une collection ?

Oui ! Oui, alors je suis balance ! Ce n’est pas un vain mot chez moi, j’ai vraiment du mal à faire des choix. Quand on travaille sur des collections, finalement le plus difficile à un moment c’est d’arbitrer, parce qu’on ne peut pas tout mettre. Alors il y a des couleurs qui d’évidence ne sont pas réussies, donc elles parlent d’elles-mêmes, on n’a pas de mal à  les enlever, mais parfois c’est justement d’en retirer. L’idée n’est pas d’avoir des multitudes de couleurs à proposer, mais d’avoir les bonnes couleurs.

Qui Écoutez-vous le plus ?

Moi-même, ça c’est… ça a été un long travail, mais finalement, oui, avec l’âge, c’est le privilège de vieillir. Finalement, je m’Écoute pas mal et finalement, je peux être assez intuitive. Et pendant longtemps, c’est quelque chose que je pensais être plutôt un défaut, parce que c’est pas toujours très cartésien. Mais aujourd’hui, avec le recul et avec les années qui passent, je m’aperçois que suivre son intuition, c’est pas mal.

Votre Madeleine de Proust ?

Littéralement, ça peut être un gâteau. C’est le panettone, c’est mes origines italiennes. Donc l’odeur du panettone et la couleur et la texture me ramène tout de suite. En enfance.

Le parfum signature de votre intérieur ?

La fleur d’oranger.

Le sens le plus important pour vous ?

C’est quand même la vue.

Le sens que vous aimeriez développer ?

Le gout, parce que je n’ai pas un palais très affiné. Parfois, je passe à côté de saveurs, je ne sens rien. Donc, j’aimerais développer ça. Et quand je vois des chefs goûter et sentir les extraits de nanas, ça me fait rêver.

Si votre travail était une expérience sensorielle, ce serait quoi ?

Je pense qu’il y a pas mal de similitudes entre la création d’une couleur et la création d’un parfum. On procède de manière un peu empirique. On peut connaître le résultat de l’association de deux teintes. Comme on peut connaître, le résultat sans doute de l’association de deux senteurs. Mais, à la fin, le résultat final, c’est un peu une découverte quand même.

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