Consacré Designer of the Year pour l’édition de janvier 2027, le Britannique Paul Cocksedge investit le salon Maison&Objet avec « Tension », une installation sculptée dans l’eau et la glace. En résonance avec le thème « Sensory Shift», l’artiste-ingénieur londonien prend le contre-pied du rythme effréné des allées pour créer un sanctuaire de décélération. Une expérience poétique où le visiteur devient le véritable acteur de l’œuvre.
Une installation vivante : la matière et le temps à l’état brut
À la croisée de l’ingénierie, de l’art et de l’architecture, Paul Cocksedge refuse le simple statut d’exposant pour concevoir une respiration monumentale au cœur de Villepinte :
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« Tension », une chorégraphie d’eau et de glace : Développée dans son atelier londonien, l’installation évolue au fil des heures. « J’ai d’immenses blocs de glace dans mon studio, je les sens, j’essaie de les écouter », confie le créateur. La fonte progressive libère une énergie invisible et met la structure en mouvement, invitant à ralentir pour regarder la matière se transformer.
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Le dialogue avec l’intelligence artificielle : Loin de rejeter la technologie, Paul Cocksedge l’a testée dès la genèse du concept. Confronté aux incertitudes de l’époque et au thème de la rupture sensorielle, il a interrogé l’IA avant même de dessiner : « Elle m’a répondu : « Crée un bassin d’eau. » J’ai trouvé cela fascinant, car elle a compris que l’installation devait provoquer un changement sensoriel profond. »
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L’humain comme point d’achèvement : Pour le designer, une pièce n’est jamais terminée au moment de sa livraison physique. « Je suis moins intéressé par la photo d’un objet de design que par les réactions et les conversations humaines qui naissent grâce à lui. En un sens, ce sont les gens qui achèvent l’œuvre et nourrissent l’énergie du lieu », insiste-t-il.
Ralentir au cœur du tumulte : le contre-pied du salon
Dans un environnement professionnel naturellement dense, rapide et saturé d’images, le projet de Paul Cocksedge impose une rupture bienvenue :
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Créer un sas de décompression : Alors que le rythme d’un salon pousse à la surconsommation visuelle, l’artiste privilégie l’immersion : « Il s’agit de s’arrêter quelques secondes, de ressentir l’espace et l’atmosphère plutôt que de simplement les regarder. »
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L’émotion face à l’algorithme : Le designer illustre son attachement au sensible par une anecdote de travail. Face aux comptes rendus numériques générés instantanément, il retient la beauté d’un simple croquis griffonné à la main lors d’un échange : « On pourrait tout donner à l’IA pour qu’elle rédige un texte parfait, mais ces notes dessinées sur un bout de papier avaient une âme. Dans le design et la création, la technologie est une aide, mais elle ne remplacera jamais l’interaction humaine et le lien intime à la matière. »
Un manifeste pour le design de demain
Le travail de Paul Cocksedge résume les défis majeurs auxquels fait face la création contemporaine :
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L’urgence de l’exécution physique : Face à la prolifération de concepts virtuels générés en un clic, la valeur ajoutée du créateur revient à l’épreuve du réel. Comme l’a rappelé la direction du salon en clôture de conférence : « Ce qui va être de plus en plus crucial dans nos métiers, c’est l’exécution, ce que l’on fabrique concrètement, et la puissance de la rencontre. »
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L’expérience plutôt que la possession : « Plutôt que de créer un objet, j’ai préféré imaginer un moment suspendu : une expérience sensible qui nous invite à nous reconnecter », résume Paul Cocksedge. En choisissant une matière vivante et éphémère, il rappelle que le véritable luxe contemporain n’est plus dans l’accumulation matérielle, mais dans l’intensité d’un instant partagé.




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