Tendance

Sweet Freaks – Vincent Grégoire (NellyRodi)

24 janvier 2012

 Sur le thème de la folie, on peut dire que Vincent Grégoire s’est lâché dans son parcours d’inspiration au salon Maison& Objet à Villepinte en ce mois de Janvier. Il vous recommande d’ailleurs de  faire de même, dans vos intérieurs. Cela promet.  Il a voulu apporter du saugrenue, de l’hurluberlu et tester de nouveaux mélanges. Il a eu envie de mettre des choses bizarres, grinçantes mais dans un esprit optimiste, et non négative pour contrecarrer l’atmosphère actuelle. Il mêle des choses classiques avec des touches futuristes, le bon goût avec le mauvais, le monstrueux avec le tendre.

Le tendanceur explique son parcours d’inspiration  :

« Massive attaque en perspective. Une horde d’hurluberlus déjantés fait valdinguer l’inertie d’un monde qui ne tourne plus très rond. Des montres surgis de l’inconscient collectif viennent hanter la création contemporaine. Le fauteuil « Monster » du designer Marcel Wanders, les bannières suspendues « Art Freak » de l’artiste Olaf Breuning ou les élucubrations du plasticien Théo Mercier interrogent la notion même de normalité. Il est temps de mettre à l’index le conformisme et la banalité d’un monde à la fois trop bien rangé et tout à fait dérangé.

 

Redonnons le pouvoir à l’imagination. Une extravagance survoltée, mais bienfaisante, met sous tension les imaginaires et suractive un dé-formatage radical du style. Des gisements inattendus de créativité font oublier la rhétorique des craintes et des contraintes. L’esthétique s’aventure dans des zones de turbulence hors du commun, hors du connu et dynamite la pensée négative pour mieux reconstruire un passé fracassé. Ne craignons donc pas que cette efflorescence d’étrangetés qui conjure la mélancolie de masse. Même pas peur ! Ces montres hilarants sont nos amis.

 

L’extraordinaire et le bizarre servent d’insolent exutoire à la pesanteur d’un monde pasteurisé, à l’excès qui ne fait plus rêver un public blasé, saturé par le bombardement d’images et de signes. Pour rompre le ronron du quotidien, n’ayons pas peur d’injecter une dose de dérangeant, d’inoculer un virus déstabilisant, d’oser la subversion loufoque du politiquement (ou esthétiquement) incorrect. Le bon et le mauvais goût en prennent un coup. Et alors ! Il faudra bien s’y faire.

 

 Les nouvelles générations nourries aux élucubrations télévisuelles et digitales, vénèrent une esthétique du non sens et de l’absurde. Comme en témoignent les expressions graphiques mises en avant par le festival «Pictoplasma.Post-digital monsters ». N’en déplaise aux rationalités à tous crins, la fantaisie grotesque du « n’importe quoi, n’importe comment » entre en réaction contre « l’arbitraire ». Les Merveilles et les Incroyables du 3ème millènaires trangressent les limites, au risque de frôler le borderline. L’exercice de liberté fait ainsi feu de tout bois pour renouveler les répertoires des formes. On accumule, on juxtapose, on détourne, on déforme. Le bricolage actuel brise et recolle les codes. Les signes dégoulinantes des chaises « Deforme furniture » de Milena Krais posent « la contraction du Beau et du Laid et de la pression de la quête d’un corps parfait ». Les assiettes « Euro Tropique » des frères Campana par Bernadaud comme les bijoux vénéneux de Victoire de Castellane ont des relents de champignons hallucinogènes. L’exubérance formelle détourne aussi les ressources de la technologie/ Par la magie de la conception assistée par ordinateur, les formes de chandeliers « Distorsion » de Paul Loebach ramollissent. Le designer Jolan Van Der Wiel obtient des formes aléatoires des ses tabourets Gravity Stool par la distorsion d’une résine à l’aide d’une machine-aimant qui attire la matière. Entre cabinet d’extrême curiosité et grotte aux merveilles, le grand bazar chic et kitsch bouscule les formes, les couleurs et les narrations dans un télescopage chahuteur comme un conte de fées sous acide, ce maximalisme azimuté sème le trouble. Dans ses excès, le désordre esthétique opère la renaissance d’une préciosité qui fait un drôle de pied de nez à la rigueur du temps. Mdr « 

Plus de photographies, sur www.facebook.com/DKOmag

You Might Also Like

No Comments

Leave a Reply