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La lampe iconique Pipistrello se réinvente au musée d’Orsay

21 avril 2026

Le musée d’Orsay et Martinelli Luce réactivent une icône du design avec une nouvelle version de la lampe Pipistrello, imaginée par Gae Aulenti en 1965. Une initiative qui s’inscrit dans le cadre du quarantième anniversaire de l’institution parisienne, et qui dépasse largement le geste commémoratif pour devenir un véritable manifeste esthétique.

Car cette collaboration trouve sa force dans une histoire commune, celle d’une femme architecte visionnaire capable de penser à la fois l’échelle monumentale et l’objet domestique. Gae Aulenti n’a pas seulement conçu l’aménagement intérieur du musée d’Orsay dans les années 1980 : elle a su transformer une ancienne gare ferroviaire en un parcours muséal fluide, où la structure industrielle devient support d’émotion et de narration.

Vingt ans plus tôt, elle dessinait déjà la Pipistrello pour le showroom Olivetti à Paris. Avec son pied télescopique et son diffuseur en méthacrylate, la lampe rompait avec les standards de son époque. Trop innovante à ses débuts, elle s’imposera pourtant comme l’une des pièces les plus emblématiques du design italien, traversant les décennies sans jamais perdre de sa modernité.

Aujourd’hui, cette nouvelle édition crée un pont subtil entre ces deux moments fondateurs. Sa finition chromatique, directement inspirée d’un détail architectural du musée d’Orsay, agit comme une empreinte sensorielle du lieu. La lampe ne se contente plus d’éclairer : elle transporte avec elle une atmosphère, une mémoire, presque une expérience spatiale condensée.

Le geste est d’autant plus fort qu’il reste discret. Les logos du musée d’Orsay et de Martinelli Luce, gravés sur le cône, viennent sceller cette rencontre sans en perturber la lecture esthétique. Un détail qui affirme l’ancrage institutionnel tout en respectant l’intégrité de l’objet.

Proposée en trois tailles, cette Pipistrello anniversaire réaffirme la capacité du design à circuler entre les mondes — du musée à l’espace domestique, de l’architecture à l’objet, du patrimoine à l’usage quotidien.

Plus qu’une édition spéciale, cette collaboration rappelle une chose essentielle : chez Gae Aulenti, la lumière n’est jamais simplement fonctionnelle. Elle est un langage. Un lien. Une manière de faire dialoguer les échelles, les époques et les émotions.

Ph. credit Francis Amiand

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